mercredi 9 novembre 2016

Un Lexique de propriété intellectuelle

Les éditions AO, gérées par Jean-Luc Tafforeau, se font avec joie l'écho de la récente publication de Patrick Tafforeau, frère du précédent, et professeur agrégé de droit à l'Université de Nancy.


Il s'agit d'un lexique, rassemblant 300 mots-clés sur le thème de la propriété intellectuelle, une façon attrayante et pédagogique de prendre la mesure de ce domaine fondamental du droit. Le rapport qualité-prix du lexique est indéniable : 4,80 € pour ces 300 “entrées de lexique”, définies au long de 48 pages denses au format 11 sur 21 cm, agrafées pour faciliter la consultation : le fascicule tient “ouvert” sans difficulté sur la table de l'étudiant ou de toute personne souhaitant s'initier au vocabulaire fourni de cette branche du droit, ainsi définie dans le communiqué de publication :



Petit lexique Droit de la propriété intellectuelle, par Patrick Tafforeau, ISBN 978-2-297-05393-8, éditions Gualino / Lextenso éditions. Il est feuilletable sur www.lextenso-editions.fr

mercredi 26 octobre 2016

“Domptez” Microsoft Word

L'intitulé classique des formations à un logiciel utilise plutôt le verbe “maîtriser”. C'est déjà un terme assez fort. Avec Microsoft Word, le verbe “dompter” s'impose. C'est le titre du stage de formation que les éditions AO vous proposent : “DOMPTEZ WORD !”

Pourquoi ?
Le traitement de texte de Microsoft est un vieux logiciel – ses premières versions ont 30 ans. Il s'est construit au fil du temps, par l'accumulation de fonctions, empilements parfois complexes, qui rendent son emploi raisonné et efficace assez difficile.


J'utilise pour ma part cet “outil” depuis ses origines, que ce soit sous Mac OS ou sous Windows. J'ai dû saisir des milliers de pages, dans tous les domaines, du courrier au roman complet, du compte rendu au rapport d'analyse informatique, des cartes de vœux aux dépliants publicitaires.

Avec ce stage, je vous propose une démarche originale.
Il ne s'agit en aucune façon de “tout savoir” sur Microsoft Word, mais plutôt de savoir comment accéder à tout, uniquement si le besoin se fait sentir, et, en priorité, de découvrir les fonctions essentielles du traitement de texte.

L'objectif premier est de gagner du temps, de ne pas vous enfermer dans des processus labyrinthiques et répétitifs, de garder la main, de rester les “maîtres du jeu”. En aucune façon un logiciel n'est une norme à lui seul. Ce n'est ni un professeur, ni un expert. Votre vocabulaire ne figure pas dans son “correcteur orthographique” ? La belle affaire ! C'est vous qui décidez, l'être humain, et pas lui. Il n'est que le reflet de ce qu'ont imaginé d'autres êtres humains, les concepteurs et programmeurs, et ils ne sont pas infaillibles – seule le Pape l'est, et encore, suite à une “bulle” datant du XIXe siècle !

Pour recevoir de nombreux “tapuscrits” et autres documents un tant soit peu complexes, je mesure combien l'emploi de Word reste sommaire. Certes, la suite Office est facile d'accès. Il est dommage cependant de rester à la surface des choses. Que de pertes de temps !

Je vous propose d'organiser ce stage sur Lyon, pour une durée d'une journée. Selon le nombre de participants, nous imaginerons la meilleure solution pratique. Il s'organisera autour d'études de cas, de mémos, de conseils et d'expériences qui modifieront profondément votre façon d'employer le logiciel. Et, surtout, de le “dompter”, de faire en sorte qu'il soit à votre service – et non l'inverse !
Travailleur indépendant, je vis de mes prestations de services (et de la vente de livres des éditions AO). Ce stage sera donc payant. Je me réserve la possibilité de faire varier le prix selon les moyens et le statut des participants (particuliers ou professionnels).

Pour me contacter à ce propos, utilisez l'adresse de courriel placée en marge droite de ce blog, ou consultez la page Contact du site web des éditions AO.

Merci pour votre attention !

Jean-Luc Tafforeau, gérant des éditions AO

NB : ce que vous pourrez apprendre concernant Microsoft Word s'applique pour l'essentiel à ses “clones” du monde du logiciel libre.

mardi 4 octobre 2016

Salon du livre de Miribel : “des livres et vous”

C'était à Miribel (Ain), du vendredi 30 septembre au dimanche 2 octobre 2016. Le premier salon du livre de la ville se tenait à l'Allégro, vaste salle dans laquelle une quarantaine d'auteurs étaient au large pour présenter leurs livres.


« Des livres et vous », un titre souvent employé, qui n'en garde pas moins toute sa saveur.
Car vous étiez nombreux, ce week-end – les éditions AO peuvent en témoigner, ayant rarement vu autant de monde à un événement de ce type. Et des livres, il s'en est vendu, il s'en est dédicacé, il s'en est échangé des quantités respectables.

Ci-dessus : Ludovic et Cathy, de l'association Dora-Suarez-leblog.

Les éditions AO avaient été accueillies par la Ville grâce à la participation active de l'association Dora-Suarez-leblog, qui œuvre à la promotion du roman noir depuis quelques années en région lyonnaise, et co-organisait la partie librairie du salon, tenue par Jean-Pierre Barrel (Un Petit Noir, librairie-café-polar des Pentes de la Croix-Rousse).

Ci-dessus : Jacques Morize indique avec autorité (normal, pour un auteur), où se trouve la caisse de la librairie.

Deux auteurs AO, et non des moindres, étaient venus partager leur enthousiasme pour leurs romans :
Jacques Morize, et sa série du commissaire Séverac, dont chaque épisode se déroule dans un quartier de Lyon.


Gaël Dubreuil (ci-dessus à la mise en place), comédien et auteur de À qui profite le Kir®?, un thriller apéritif dont nous avons fêté le quatre centième exemplaire vendu vers 15 heures le dimanche 2. Eh oui, ce n'est pas rien, 400 exemplaires, pour un éditeur indépendant ! Les libraires, les salons du livre et les auteurs sont nos principaux canaux de diffusion, ils étaient ici rassemblés, et à leur meilleur.

L'association Dora-Suarez-leblog est par ailleurs à l'origine de la nouvelle collection des éditions AO, “Dora-Suarez-leblog présente”, dont le volume 2, tout juste sorti des presses, s'intitule “À table !”, et était proposé en première exclusivité aux visiteurs du salon.

Ci-dessus : Philippe Setbon, réalisateur, scénariste et romancier (et auteur d'un des textes du volume 1 de la collection Dora-Suarez-leblog présente”).

Aux tables de dédicaces, la totalité des 4 auteurs de ce recueil de textes étaient présents : Eric Courtial, James Holin, Jacques Morize et Eric Robinne, l'occasion de repartir avec des livres (et vous) enrichis de 4 dédicaces. Des collectors pour vos bibliothèques.

Ci-dessus : James Holin ne semble pas avoir l'angoisse de la page blanche de dédicace, avec le soutien de boissons (fortes) et de gâteaux (riches en chocolat).

Nos vifs remerciements vont à la ville de Miribel, à la libraire Un Petit Noir – qui a assuré la logistique – à l'association Dora-Suarez-leblog, ainsi qu'à toutes les lectrices et les lecteurs venus rencontrer les auteures z'et auteurs.

Supplément iconographique souriant :

 Jacques Morize et une lectrice…

  Philippe Setbon écoute un lecteur…

James Holin en plein assaut de conviction.

Et pour finir : Jacques Morize boit à votre santé… en noir et blanc.

jeudi 8 septembre 2016

Mon coup de cœur de la rentrée

« Les éditions AO ont retenu avec émotion et plaisir les “métaphorismes” de Renaud Weiss pour le nouveau volume de leur collection “RIMOTISES”, à paraître dans quelques semaines. Il  vous est proposé en précommande, donnant droit à des exemplaires numérotés. Ce “coup de pouce” nous sera précieux pour assurer le meilleur démarrage à ce beau projet éditorial, mon coup de cœur de la rentrée. » Jean-Luc Tafforeau, gérant

Ce mot est étonnant, ne serait-ce que parce qu’il contient à la fois le mot « mot » et le mot « rime ». Pas mal pour un seul mot ! Et il rime avec « surprises », ces associations que les mots suscitent, aussi riches qu’inattendues…

Précommandez le livre avant le 25 septembre et recevez votre exemplaire numéroté !
Livraison mi-octobre

ET POUR TOUT DIRE
les “métaphorismes” de Renaud Weiss

Renaud Weiss a composé une série de textes brefs – jusqu'à quelques dizaines de lignes – qui se distinguent par un sens aiguisé de la formule et des enchaînements. Il joue avec les mots, alternant gravité et légèreté, toujours avec humour – et une franchise désarmante. Ces “métaphorismes” lui permettent de "tout dire” (ou presque) sur la vie, la mort, le rêve, l'amour et… l'écriture.
Une expérience de lecture inédite !

Consultez la page du livre sur le site AO.

UN TRÈS BEL OBJET-LIVRE

• Exemplaires numérotés en première page
• Couverture à rabats
• Format étroit adapté aux “métaphorismes” (12 x 20,5 cm)
• Papier intérieur ivoire épais pour le confort de lecture
• Mise en pages sophistiquée
• 240 pages, dos carré collé
• Proposé au prix public TTC de 18 €
• Participation aux frais de port réduite : 1 €

Ci-contre : le “prototype” du livre, réalisé par l'imprimeur

Plusieurs modalités pour commander
• Téléchargez le bon de commande (règlement par chèque, encaissement après expédition)
• Payez par PayPal sur la page du livre (encaissement immédiat par construction)
• Adressez un simple mail à commande[at]ao-editions.com en indiquant vos nom et prénom, le nombre d'exemplaires souhaités et l'adresse postale de livraison. Vous recevrez le(s) livre(s) accompagné(s) d'une facture

Quelques exemples de “métaphorismes”
S’il m’arrive de peindre les choses en noir, 
je ne fais jamais sans blanc.
Cultiver l’absurde pour en tirer toujours 
un petit gain de folie !
Ce qu’il y a de beau dans l’écriture, 
c’est ce qui se passe entre les lignes 
(tout le reste n’est que mythes et ratures).
J’ai toujours préféré l’orage (eau des espoirs).
Les histoires d’humour finissent bien, 
en général.


Pour terminer, un aperçu de la “lecture intuitive” qui est proposée aux lectrices et lecteurs sur les pages paires (à gauche) du livre, tandis que les pages impaires vous offrent une lecture directe…






dimanche 21 août 2016

Dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte

Nous ne saurions trop vous conseiller la séquence de 4 minutes passée au 20-Heures de TF1 samedi 20 août, “Premier de cordée, dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte”. Elle est visible en “replay” à cette adresse. C'est une réalisation de Yoan Hentgen, qui a également filmé les séquences en haute altitude.

Pourquoi ? Avant tout parce qu'elle vous fera partager l'émotion que tous les alpinistes éprouvent au moment de fouler le sommet de l'aiguille Verte. À 4121 mètres d'altitude, ce belvédère à la cime effilée offre un panorama unique sur le massif du Mont-Blanc et sa Vallée. Émotion après des heures d'effort dans l'un des itinéraires d'accès à ce sommet mythique – couloirs Whymper ou Couturier entre autres, émotion pour le “premier de cordée”, le guide, et son client, émerveillé de se tenir là, un véritable rêve devenu réalité ; émotion face à la beauté rare et inédite d'une montagne-monument.

Pour avoir connu cette expérience un 22 juillet, il y a près de trente années, je dois dire que j'ai versé quelques larmes en visionnant ces images – un grand merci au passage à Gilbert Pareau qui fut mon “premier de cordée” ce jour-là. Il n'est pas exagéré d'affirmer que ce fut mon plus beau sommet, bien plus beau que le mont Blanc, n'en déplaise au fier toit de l'Europe !


Depuis son jardin des Frasserands – d'où la Verte nous regarde – Jean-Claude Charlet nous lit quelques lignes du roman de Roger Frison-Roche, qui a marqué des générations d'alpinistes et d'amoureux de la montagne, suscitant de nombreuses vocations.


La cordée émerge d'un immense toboggan de plus de mille mètres : le couloir Couturier.
« Ici, chaque geste garde sa valeur, chaque mouvement compte… » (Frison-Roche)


Le guide, Zian Charlet, et son client, se dirigent vers le sommet.
“Moi, je suis toujours corde tendue. J'y mets un point d'honneur. Si mon client fait une zipette, j'suis quasi sûr à 100% de le tenir. Ça m'est déjà arrivé qu'il y ait un mauvais pas et j'ai bien tenu.”


Les derniers mètres sur la crête sommitale. Au centre, à l'horizon : le mont Blanc.


Montée vers le soleil, sur une neige vierge dans laquelle la cordée va imprimer ses traces.


Comme le dit avec beaucoup de justesse Zian : “Au sommet de la Verte, on devient montagnard ; mais avec un client, on devient amis, de grands amis.”


Dans la famille Charlet, nous précise le journaliste, la Verte est une histoire de filiation depuis trois générations. De père en fils, il faut conquérir l'aiguille Verte. Zian en témoigne : “Ah, la première fois, j'ai bien caché mes larmes… J'ai eu une boule au ventre pendant un quart d'heure, ici !” Jean-Claude Charlet évoque les “silences éloquents” de son père Armand : “Simplement tout dans le regard, et vous voyez que votre père est fier de vous, et cela suffit. Ça vaut tous les cadeaux du monde.” Des moments uniques, qu'il nous a relatés dans le dernier chapitre de son livre De Fils en Aiguilles.


La conclusion, sous le regard de la Verte : “C'est une philosophie qui amène à essayer de vivre ses rêves. C'est simplement ça, et, finalement, la vie, c'est quoi ? C'est cela : vivre ses rêves.”

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Vous pouvez télécharger à ce lien les discours prononcés par Jean-Claude Charlet à la fête des Guides de la Compagnie des Guides de Chamonix, dont il est le président.

vendredi 8 juillet 2016

Rencontres interprofessionnelles du livre (Arald)

Hier, 7 juillet 2016, se tenaient à Lyon les rencontres interprofessionnelles du livre, organisées à la Villa Gillet par l'ARALD (Agence Rhône-Alpes du Livre et de la Documentation). Près de 200 “acteurs du livre et de la lecture” étaient rassemblés, représentant la quasi-totalité de la “chaîne” du livre : auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et documentalistes, lecteurs enfin. Ainsi que l'a remarqué un participant en fin de rencontre, il ne manquait que les imprimeurs.


Les éditions AO faisaient partie de la trentaine d'éditeurs de la région qui présentaient leur catalogue sur des mini-stands mis à leur disposition dans l'un des salons de la Villa. Ce fut l'occasion de dialogues impromptus avec des auteurs, des bibliothécaires, ou mes jeunes voisins, animateurs d'une maison d'édition consacrée à la musicologie, Microsillon éditions, tandis que j'ai eu l'occasion et le plaisir de rencontrer Catherine Destivelle, alpiniste renommée et depuis peu éditrice (éditions du Mont-Blanc).

Au cours des sessions tenues durant cette copieuse journée, j'ai glané quelques informations que je vous livre en relisant mes notes – sujettes à “erreurs ou omissions”, vous me le pardonnerez par avance.

Vous pouvez aussi lire le compte rendu de Story-Makers.net à cette adresse, ainsi que celui d'ActuSF à celle-ci.

Le baromètre régional de l'économie du livre en région, publié régulièrement par l'agence (Narges Temimi), nous indique une bonne cinquantaine de maisons d'édition, réalisant un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros, dont 30 pour le seul groupe Glénat. Aux deux-tiers généralistes, elles sont 40% à avoir une activité complémentaire. Près de 65% délèguent leur diffusion à une entreprise tierce. Leurs livres sont distribués à 44% en librairie (deux fois plus que la moyenne nationale). Ces dernières (une centaine étudiées) réalisent un chiffre d'affaires de près de 150 millions d'euros (dont 34 pour le groupe Decitre).

Une série d'enquêtes sur les auteurs a été résumée par Philippe Camand. Il en ressort, si j'ai bien compris, que l'on peut considérer que 1600 auteurs “vivent de leur plume” en France, à rapprocher des quelque 100000 auteurs ayant touché des droits, aussi minimes soient-ils. Ces 1600 happy few  gagneraient un peu plus de 3 SMIC par an (sans qu'on sache si c'est le cas tous les ans). J'ai noté que les à-valoir moyens étaient évalués à 1000 € pour les auteurs de textes, à 2000 € pour les traducteurs, et à 4500 € pour les dessinateurs de BD.

Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, a étudié les activités “connexes” des auteurs, dans lesquelles on retrouve les séances de dédicaces pour 95% d'entre eux (ce n'est pas un scoop !), les salons du livre, lectures publiques et animations d'ateliers de lecture. Seuls 5% ont des activités connexes rémunératrices, comme l'écriture de scénarios. Nous rappelant qu'en chinois, la France signifie “pays de la loi”, il regrettait cependant que celles-ci ne soient pas toujours respectées à l'égard des auteurs. Je n'ai pu m'empêcher de souffler à ma voisine bibliothécaire que j'avais versé, en 6 ans et pour 7000 livres vendus, plus de 10000 € de droits d'auteurs. C'est beaucoup… et peu à la fois.

Quelques tâtonnements dans Google Traduction sur le nom de la France en chinois

Mais, quand on observe l'équation économique du livre, force est de constater que toutes les filières sont extrêmement contraintes, à commencer par les libraires. Le désir d'être publié est si fort, de surcroît, que les auteurs sont à l'évidence en position de faiblesse face aux éditeurs. À mon sens, seule une augmentation spéciale du prix du livre de 5% permettrait de mieux rémunérer les auteurs (à condition de leur être affectée directement). Il faudrait alors voir quelles seraient les réactions des lecteurs-acheteurs (et des bibliothèques) si tout livre coûtait soudain de 0,50 à 2 € de plus…

L'après-midi a été spécialement tonique, avec la présentation, en seulement une heure, des “pecha-kucha” d'une douzaine de projets innovants, parmi lesquels figuraient :
  • Une maison d'édition auvergnate (éditions du Miroir) qui renverse délibérément les rôles en allant non pas “à la rencontre des attentes des lecteurs” mais en cherchant à en créer de nouvelles, en “interrogeant les évidences” – vaste programme !
  • Un logiciel en ligne pour le calcul des droits d'auteurs (droits.info), qui m'a fait penser à ma profession de conseil en informatique (et à mon outil “maison” de calcul, indispensable pour ne pas devenir un traumatisé de la calculette).
  • Une plateforme numérique multimédia, 1D Touch, aux concepts aussi innovants que difficiles à comprendre “hors ligne”, comme les “capsules créatives”, une image qui donne envie de s'envoler dans la stratosphère !
  • Et, en vrac (excusez) un “libraire volant” d'Auvergne, une action en faveur des “oubliés des vacances” (livres jeunesse en cadeaux), un éditeur de paroles de conteurs (Oui'Dire) ou des actions de fédérations d'initiatives.

La table ronde finale, intitulée avec malice “Génération X, Y… Z comme Zéro lecture” a permis de remettre en cause toutes sortes d'idées reçues et de clichés sur la lecture des jeunes – au sens large :
Au regard de la lecture (sur écran ou papier), la notion de digital natives n'a aucune pertinence, bien au contraire (Olivier Zerbib), n'oublions pas qu'un livre “de 527 grammes” est très lourd à manipuler pour des adolescents peu accoutumés à l'objet-livre (sic, Cécile Mansour, prof de lettres en lycée professionnel), et que la lecture de mangas peut très bien déboucher sur d'autres lectures, voire apporter passion et réflexion au-delà de ce qu'on imagine (Christine Détrez, sociologue). Enfin, Pauline Torbaty-Crassard, animatrice d'un réseau social de lecture, nous a révélé que, parmi ses membres, 11% lisent… plus de 10 livres par mois, elle-même ayant lu 600 livres par an de la sixième à la troisième ! Expérience commune : l'arrivée des lectures obligatoires et “sérieuses” du lycée, couplée aux contraintes de la vie sociale des lycéens, entraîne une baisse notable de la lecture de livres. Globalement, il ne semble aucunement que les jeunes lisent moins que par le passé. Tout au plus n'hésitent-ils pas à le dire, tandis que la part des lecteurs remonte régulièrement entre 25 et 35 ans. À noter que les garçons sont nettement moins attirés par la lecture, considérant cette activité peu “virile” quand ils ont 15-18 ans (ah la la…), même si un jeune “youtubeur” partageant ses coups de cœurs de lecture en vidéo nous a paru très “viril” dans son approche directe et frontale du livre !

Une journée “remue-méninges” cordiale et à la tonalité plutôt joyeuse, en dépit de toutes les difficultés qui planent tant sur le secteur du livre que sur l'Arald elle-même, qui ne perd pas pour autant son enthousiasme.




jeudi 9 juin 2016

Belletto : le roman revenant

Avant de devenir éditeur, il m'arrivait rarement de relire un livre (au sens “le lire de nouveau”). Toute règle a ses exceptions. Parmi celles-ci, les romans de René Belletto. D'ailleurs, je viens de recommencer ces jours-ci la lecture du Revenant, dans sa version révisée de 2006 (éditions P.O.L), la version originale datant de 1981 – il s'agissait du tout premier “polar” de l'auteur. Je l'avais découvert pour ma part après avoir vu le film de Michel Deville, Péril en la demeure, tiré d'un autre roman de Belletto, Sur la Terre comme au Ciel. Nous étions en 1988, je crois.

Dans ce Revenant – qui revient donc à intervalles réguliers dans ma liste de lectures – figure tout ce que j'aime : émotion, authenticité, humour. Trois maîtres mots, que j'essaye de respecter dans la ligne éditoriale des éditions AO. Et il y a la toile de fond lyonnaise, voire villeurbannaise, dont l'auteur est issu. À chaque relecture, je découvre de nouvelles références, ayant entretemps pris connaissance de leur existence dans le “monde réel”.

Parmi celles-ci, je tenais à citer ici l'allusion à la librairie Fantasio, avenue Henri-Barbusse à Villeurbanne, fidèle partenaire dans la promotion des livres que les éditions AO ont publiés. Je savais que René Belletto l'avait évoquée dans un de ses livres, ignorant lequel et où. J'ai la réponse : dans mon roman préféré, Le Revenant (page 102 de l'édition de 2006) :
« Éric voulut faire quelques pas avenue Henri-Barbusse, la grande rue des Gratte-Ciel, dont chaque centimètre carré m'était familier. J'entrai à la Maison de la Presse et achetai machinalement Guitare et Musique. M. Hizer vaquait toujours dans la salle du fond, rangeant les livres de poche, toujours squelettique et flottant dans sa blouse grise et, comme Miguel, toujours enrhumé, mais lui pour de vrai*. »
Depuis ce “monsieur Hizer”, deux générations de libraires se sont succédé avenue Henri-Barbusse, une rapide recherche sur ce blog vous fournissant de plus amples informations. Il me reste à mener une enquête complémentaire pour établir si “Hizer” est un nom réel ou pas…

Addendum du 18 juin 2016
 Ce “revenant” me hanterait-il ? Dois-je voir un signe du dieu des livres (“délivrez-moi des livres”) lorsque j'inventoriai, cet après-midi, le rayon littérature de l'Emmaüs de Villeurbanne, ville où vécut Belletto ? À la lettre B, un dos de livre large, portant en grosses lettres “Le Revenant - Belletto”, éditions Hachette. Je le sortis de son logement, curieux de voir de quoi il s'agissait. La couverture, un dessin d'Enki Bilal m'étais connue, pour avoir été réutilisée en édition de poche. Était-ce une adaptation en BD ? Pas du tout, mon gars, tu n'y étais pas. Rien que l'édition originale du roman, imprimée en 1981, année de sortie du livre. Le cœur battant, il ne me restait plus qu'à passer à la caisse, tenant précieusement le volume en mains, au cas où il lui prendrait l'envie de s'envoler, comme un pigeon facétieux.

———
* (Note de bas de page web) Le personnage de Miguel, le garagiste, ne cesse en effet d'éternuer “ni atchoum ! ou atchi ! mais un formidable arrrrr… rachon ! émis avec tant d'autorité hargneuse que ceux qui n'avaient pas l'habitude se mettaient aussitôt à fureter à droite et à gauche, mains tendues, cherchant quoi arracher.” (page 49).

mardi 7 juin 2016

Face à face

C'est un courriel de la Librairie des Alpes (6, rue de Seine à Paris), qui nous a appris l'existence d'un livre de photographies signé de Maurice Schobinger et Pierre Abramowski, intitulé Face à face.
Les auteurs nous présentent les grandes parois des Alpes au travers d'un prisme quasi architectural, comme si les montagnes étaient des édifices, des constructions. C'est l'une des émotions esthétiques que nous ressentons en les admirant. Ces "faces" ont été construites par les hasards de la nature… elles n'en paraissent pas moins étonnantes d'équilibre et d'élégance.


L'éclairage choisi par le photographe surprend : lumière voilée, presque en noir et blanc, au point de faire ressembler les clichés à des gravures. Une façon inédite de mettre en valeur les “faces”, en se concentrant sur leur structure. Audacieux et réussi !

Nous avons aussi apprécié ce clin d'œil à la Tour Eiffel. De quoi s'agit-il ?
Le photographe a rapproché la hauteur de la Tour, édifice humain, 300 mètres, de celles des parois photographiées, qui en mesurent jusqu'au quadruple. On songe à la face nord des Grandes Jorasses ou à celle de l'aiguille du Midi. Plus modestement, celle de la Tour Ronde (la montagne, pas le bâtiment) mesure seulement une “longueur” de plus que celle d'Eiffel (350 mètres). C'est déjà beaucoup !


Cet étalon de mesure très parisien nous a rappelé l'enfance, quand un père expliquait à son fils que “quatre Tour Eiffel tiendraient l'une au-dessus de l'autre devant l'aiguille du Midi”. Pour avoir gravi (par l'escalier jusqu'au deuxième étage, puis en ascenseur) ladite Tour, l'enfant prenait tout de suite la mesure de ces magnifiques montagnes… en attendant d'aller les gravir un jour (pas toujours en téléphérique, confer la voie Mallory par exemple !)

Toutes nos félicitations aux auteurs de ce “Face à face” !

vendredi 3 juin 2016

La Loi du plus faible, de John Grisham

La Loi du plus faible, de John Grisham, date de 1998 (The Street Lawyer). Le roman a donc plus de vingt ans ; il n'en reste pas moins d'actualité. Une fois de plus, le célèbre romancier nous plonge dans le monde des avocats américains. La profession, de ce côté de l'Atlantique, diffère largement de la conception que nous pouvons en avoir en France. Extrêmement nombreux, les avocats des États-Unis sont pour la plupart des hommes d'affaires, quitte à ne jamais plaider. Les quelque 800 “lawyers” du cabinet Drake & Sweeney travaillent 80 heures par semaine, espérant un jour devenir “associés” et gagner plus d'un million de dollars par an.

La Loi du plus faible débute par une scène spectaculaire de prise d'otages. Un SDF noir parvient à enfermer une douzaine d'avocats du cabinet dans une salle de réunion, et à leur faire prendre conscience de ce qu'il a subi, jeté à la rue suite à une expulsion musclée organisée frauduleusement par l'un des avocats de Drake & Sweeney. Parmi les otages, Michael Brock ignore tout de ces malversations. Échappant de peu au tir d'un sniper de la police qui abat le preneur d'otages, il va soudain prendre conscience de l'absence de sens de sa carrière… et devenir un “avocat des pauvres”.

Grisham nous emmène alors dans un suspense bien mené, Me Brock tentant de rendre justice aux déshérités expulsés illégalement, engageant un bras de fer risqué avec son ancien employeur, tout en intervenant pour restaurer les droits de ceux qu'il a désormais vocation à aider. C'est documenté, précis, conduit avec un sens du scénario devenu la marque de fabrique de l'auteur. Au passage, nous apprenons moult choses sur la société américaine, y compris… les prix, salaires, tarifs, tant les Américains s'attachent toujours à chiffrer ce qu'ils évoquent. Exemple : un avocat comme Michael Brock facture son temps 300 dollars de l'heure (il y a près de vingt ans !), y compris pour un déjeuner avec un collègue pour discuter du dossier d'un client (deux intervenants plus… le prix du repas).

Le coin du réviseur de texte
Comme souvent, nous ajoutons nos notes de “lecteur-relecteur”. La perfection n'est pas de ce monde, la formule est connue. Découvrir de rarissimes “coquilles” dans ce livre nous rassure, en quelque sorte, sur notre imperfection, et nous fournit quelques pistes de vigilances futures.
Les numéros de pages se réfèrent à l'édition 2001 (réimpression 2014) en collection Pocket, numéro 11157.
Se méfier des noms propres
On croit toujours que les noms propres – personnages, lieux – n'ont pas besoin d'être vérifiés. Erreur ! Au contraire, nous sommes tellement habitués à les lire qu'on peut oublier des lettres parasites. Page 55, la ville de Washington est orthographiée “Washinghton”. Pas si facile à repérer…
Apostrophes et guillemets
Page 115, une double apostrophe s'est intercalée dans “j''ai rouvert la mystérieuse chemise”. Encore plus ardu à repérer. Ce genre d'incident est plus courant qu'on ne pense…
Qui était Madeleine ?
Page 230, il ne s'agit pas d'une coquille, mais au contraire d'un truc à retenir. Vous connaissez peut-être l'expression “pleurer comme une madeleine”. Attention ! Il ne s'agit pas d'une madeleine de Proust (le gâteau, qui ne pleure pas), mais bien d'une femme, Madeleine, avec une majuscule, en référence à Marie-Madeleine pleurant au pied du Christ en croix.
Les cabinets d'affaires ont des ailes
Page 334, une erreur étonnante : “dans le monde implacable des gros cabinets d'allaires”. Nul doute qu'un correcteur orthographique l'aurait identifiée. Une allusion prémonitoire et cachée au personnage de Connelly, l'avocat Michael Haller ?

jeudi 2 juin 2016

Grand Prix Anguille sous Roche : les nommés

Le quotidien Le Dauphiné s'est fait l'écho de la pré-sélection du Grand prix 2016 “Anguille sous Roche” qui sera décerné au salon du polar de Saillans (Drôme) programmé pour les 7, 8 et 9 octobre prochains.


Parmi les dix titres sélectionnés nous avons eu le plaisir de remarquer :
  • Crimes à la Croix-Rousse, de Jacques Morize (éditions AO 2015)
  • T'es pas Dieu petit bonhomme (éditions du Caïman), de Philippe Setbon (également auteur de l'un des textes du recueil “Dora-Suarez-Leblog présente” numéro 1)

Croisons les doigts !

jeudi 26 mai 2016

La revue “Faire face” a chroniqué Là-Haut (Thierry Ledru)

« Récit poignant d'une reconstruction »
La revue “Faire Face”, éditée par l'association des paralysés de France, a rendu compte du livre de Thierry Ledru, Là-Haut, dans son numéro 741 de janvier-février 2016.

mercredi 18 mai 2016

La saga “Silo”, de Hugh Howey


C'est grâce à mon “libraire de proximité”, Pierre, que j'ai découvert la saga de Hugh Howey. Qu'il en soit remercié ! Une lecture ensorcelante, en dépit des quelque 1500 pages que totalisent les trois tomes : Silo (Livre de Poche n°33998), Silo Origines (Babel n°1352) et Silo Générations (Babel n°1391).

Dans le premier volume, nous découvrons la vie de quelques milliers de survivants de l'espèce humaine, regroupés dans un gigantesque silo souterrain de 144 niveaux. Nous sommes aux alentours de l'an 2300. Hors de question de tenter de sortir, au risque de mourir en quelques minutes, victime d'un air devenu toxique trois siècles auparavant – sauf pour les condamnés à mort, expulsés via un sas.

Dans le second volume, l'auteur combine avec adresse un long retour en arrière aux origines, en l'an 2049, avec la suite des aventures des habitants du silo du premier volume. Une astuce de scénario, bien trouvée, permet de relier les deux récits en fin de course.

Dans le troisième et dernier volume, nous nous retrouvons à la fin du premier… avant la chute finale.
Une lecture haletante, des personnages attachants – ou révoltants, une construction sophistiquée, un suspense indéniable… Des nuits courtes en perspective, soyez prévenus !

La note de l'éditeur
Déformation professionnelle ? En tant qu'éditeur, nous sommes attachés à ce que les tenants et les aboutissants d'une intrigue, a fortiori d'anticipation, soit claires et solides. Une préoccupation permanente lors des lectures de tapuscrits et des révisions des textes des romans édités. Je dois avouer être resté perplexe en refermant la page 470 du tome 3. Tous les morceaux du puzzle n'étaient pas proprement assemblés…

Des recherches sur le Web ne m'ayant pas donné plus d'informations, je me permets donc de résumer ci-après ce que j'ai compris (et pas compris), espérant que des internautes m'aideront à combler les “trous” de ce gruyère. Je mettrai à jour le texte au fur et à mesure de la réception des contributions.

                                             AVERTISSEMENT !                                          
   
                         SI VOUS SOUHAITEZ LIRE LA SAGA,                            
    NE CONSULTEZ DONC SURTOUT PAS LA SUITE DE CE BILLET !     

En 2049, une guerre invisible ravage la Terre. Des nanomachines, destinées à soigner les corps humains en les “réparant” à l'échelle microscopique, ont été transformées en armes mortelles par des nations agressives. Puis elles ont échappé à leurs concepteurs et se sont répandues anarchiquement.
Le gouvernement américain prend une décision : enterrer dans des silos souterrains étanches une colonie d'êtres humains, en leur fournissant tout ce dont ils auront besoin pour survivre quelque cinq siècles. 39 silos, rassemblant chacun 3000 personnes. Le quarantième, qui porte le numéro 1, est réservé aux organisateurs, sorte de gouvernement, dont les membres alternent de longues périodes de vie ralentie (congélation) et des “factions” durant lesquelles ils assurent la coordination des silos. Ce faisant, ils vieillissent peu, capables de “vivre” jusqu'au terme du processus.
Les contrevenants à la Loi édictée par les instigateurs du processus sont condamnés à mort en étant “expulsés” de leur silo par un sas étanche, et meurent quelques minutes plus tard sous les caméras retransmettant aux habitants le drame, victimes de l'atmosphère toxique. Il semble bien que la totalité de l'espèce humaine ait disparu de la surface de la planète (on ne dit rien des animaux en revanche).
Chaque silo se croit unique au monde. Seul son chef est initié à la vérité (partielle !) et reçoit des ordres du silo n°1. Nous suivons dans les trois tomes les tribulations d'un silo particulier, le 18, dont Juliette, qui en prend le contrôle, parvient progressivement à comprendre ce qui se produit en réalité, en particulier en tentant une sortie avec un scaphandre sécurisé, dont elle revient indemne.
Au terme de moult aventures, Juliette découvre des excavatrices – sortes de tunneliers – installés en lisière de l'armature des silos, dont elle se sert pour passer dans le silo 17, désaffecté quelques décennies auparavant. Il apparaît que ces excavatrices étaient pointées en direction d'une “sortie”, signalée par une tour renfermant des outils en vue d'une réinstallation à la surface de la Terre.
Le projet du silo n°1 est finalement réduit à néant. Leur but ultime était de sélectionner la population d'un unique silo – la meilleure, en quelque sorte – et de supprimer celle de tous les autres.
Juliette parvient alors à regagner la surface de la Terre, ayant compris que les nanomachines n'étaient plus actives depuis… longtemps (combien de temps ?), et ce avant le terme primitivement prévu pour l'expérience (soit en 2300 environ au lieu de 2500). Il semblerait que la nocivité de l'air extérieur était en réalité “simulée” par l'envoi d'un gaz toxique via le sas de sortie, voire par un nuage limité aux seuls emplacements des sorties des 40 silos (?).
Ce qu'on ne sait pas, en revanche, c'est ce que deviendront les habitants des autres silos, privés de leurs “gouvernants”. Trouveront-ils la sortie ? Et quel était exactement le dessein primitif des instigateurs ? Les nanomachines étaient-elles destinées à disparaître progressivement au cours des siècles, comment et pourquoi ?
Nous avons certainement oublié tel ou tel indice parmi ceux qui sont parcimonieusement distillés tout au long de ces 1500 pages.
Chères lectrices, chers lecteurs, nous voici preneurs de vos suggestions, remarques et éclaircissements !

dimanche 8 mai 2016

Le Mystère Henri Pick, de David Foenkinos

De David Foenkinos, nous avions lu Lennon, une fiction étonnante de vraisemblance et d'intelligence, surtout pour ceux qui sont familiers avec l'univers des Beatles.
Le Mystère Henri Pick nous a attiré par son intrigue qui se déroule dans le milieu de l'édition. Allions-nous y apprendre les secrets du succès ? Presque…

Tout commence dans une bibliothèque dont le responsable crée un rayon de “livres refusés” par les éditeurs. Foenkinos a repris l'idée de Richard Brautigan, auquel il rend hommage en introduction.
Une éditrice spécialisée dans les best-sellers y découvre la perle rare : un chef d'œuvre, signé Henri Pick, pizzaiolo de son état, avant qu'il ne décède quelques années auparavant. Nous suivons alors l'épopée de ce qui devient un livre à succès, influant de façon décisive sur les destins de tous les protagonistes de l'histoire. Jusqu'à la chute finale…

Le suspense est bien mené. La galerie de personnage se succède, chacun à son tour, dans de brefs chapitres. L'humour règne dans ce qui se révèle une satire assez savoureuse du monde du livre et de l'édition.
Il faudra attendre le double coup de théâtre de la fin du roman pour que le mystère s'éclaircisse. Bien joué ! se dit-on en refermant le livre, avec cependant un petit regret : c'est tout de même un peu “téléphoné”, selon l'expression consacrée.

La note de l'éditeur
Une chose est sûre : les manuscrits “refusés” cachent sûrement des chefs d'œuvres. Aux éditions AO, nous en recevons pas loin d'une cinquantaine par an, de qualité variable. Ce qui manquera toujours à un manuscrit non relu, ce sont les ajustements, révisions et réglages que l'éditeur se doit de conseiller à l'auteur. D'ailleurs, la “bibliothèque des manuscrits refusés” existe désormais sur le Web, par exemple chez ces pseudo-éditeurs qui publient tout ce qu'on leur propose en e-book ou en impression à la demande. Ce parti de “non-sélection” ne milite pas en faveur de la qualité ! Amazon en a même fait un slogan, en substance : “Publiez tous vos manuscrits chez nous, le public fera le tri”. C'est, à notre avis, une mauvaise solution. Certes, des textes sont ainsi remarqués par de vrais éditeurs, qui les publient ensuite en version revue et corrigée (on songe à la saga “Silo” de Hugh Howey), mais la plupart se “brûlent” en étant publiés prématurément, comme s'il s'agissait de simples brouillons. C'est dommage ! On retrouve là le problème de l'édition à compte d'auteur sous une variante guère plus honnête.

La note du relecteur
La marque de fabrique typographique de Foenkinos, ce sont les “tirets-points de suspension”, placés dans les dialogues lorsque l'un des personnages… ne dit rien. Il en use et en abuse. Probablement une centaine dans ce roman ! Si l'astuce est adaptée dans certains contextes – un personnage reste muet de surprise avant que l'autre ne reprenne la parole – il est superflu dans d'autres, en particulier quand il ne s'agit que de la fin de la conversation.
Exemple (fictif) :
Isabelle lui demanda :
« Jean, tu es d'accord, c'est un chef-d'œuvre ?
– …
– Allons, dis quelque chose, bon sang !
– …
– Décidément, tu n'as rien à dire.
– … »
On pourrait ajouter une second — … pour exprimer la lassitude d'Isabelle, et un troisième pour confirmer que Jean ne réagit toujours pas. Infini ! Le procédé économise de la place, évitant à l'auteur de décrire l'absence de réaction, dans le registre : “Jean ne répondit rien” ou “Isabelle ne sut que répondre”. Son abus finit par lasser… Ce n'est qu'un défaut mineur, cependant, n'exagérons rien !

dimanche 1 mai 2016

Dans les coulisses de la lutte antiterroriste, de Georges Moréas

Comment lutter contre le terrorisme ? Le dernier livre de Georges Moréas nous fait prendre conscience de la complexité de la question. S'extirper de l'instantané, de l'actualité, pour une remise en perspective sur plusieurs décennies, est salutaire. En tant que lecteur, je n'avais pas mesuré l'ampleur des changements induits par les récents drames. Ce livre m'a permis de reconsidérer nombre de points, non sans une réelle surprise. Que nous avons la mémoire courte, songeons-nous en lisant ces pages…

L'auteur n'hésite pas à donner son point de vue, avec pondération et recul, voire avec humour, ce qui le rend d'autant plus instructif. Agrémenté de témoignages des nombreuses relations qu'il a gardées dans le milieu policier, Dans les coulisses de la lutte antiterroriste se lit comme un polar – c'est le talent de Georges Moréas – même quand il nous initie aux arcanes organisationnelles. La police ? L'armée ? Qui fait quoi, et surtout pourquoi ? Que d'évolutions…
La complexité du terrorisme, aussi, nous est rappelée, à rebours des simplifications inévitables que les médias, dans l'urgence, adoptent. Tout cela est diablement compliqué ! L'intrication des relations internationales, les visages multiples des “terroristes”, les “billards à (trop) nombreuses bandes”, quel jeu pervers !

2061 ?


Ci-dessus : Georges Moréas sur BFM-TV le 27 avril 2016.

Au détour de ces pages, quelques considérations font froid dans le dos. Je dois dire que j'ignorais que 1984, le titre du roman d'Orwell, était l'anagramme de 1948, année de son écriture. « En 2016, aucun Orwell n'est capable d'écrire “2061” », conclut, lapidaire, Georges Moréas (page 213), après nous avoir donné un aperçu de ce qui nous attend, les nouvelles technologies comme détecteur de mensonge, au sens (très) large du terme:
Et si un autre algorithme le décide, un groupe d'interventions d'agents déshumanisés, mi-flics mi-soldats, […] vous mettra le grappin dessus pour vous conduire dans un lieu de détention préventive, où vous serez cuisiné sans aucune violence. Dans le respect des droits de l'homme, un ordinateur couplé à un appareil d'imagerie médicale procédera à votre audition*. À chaque réponse, les zones de votre cerveau seront analysées pour déterminer si vous dites la vérité. Si la machine estime que ce n'est pas le cas, et quel que soit votre mensonge, la société vous écartera – pour se protéger.
D'où l'ultime phrase du livre, concluant sur le bilan mitigé de la lutte antiterroriste :
Et comme malgré tout les résultats ne sont pas au rendez-vous, à mon avis, il y a encore un truc à essayer : réfléchir.
En tout cas, merci, Georges Moréas, de nous y avoir aidé !

Dans les coulisses de la lutte antiterroriste. De la rue des Rosiers à l'état d'urgence, First, 2016, 280 pages, (ISBN 978-2-7540-8188-7)

* Certaines appli de smartphones, couplées à un bracelet connecté, y ressemblent déjà, en mesurant la tension artérielle par exemple. Encore ludiques, elles pourraient trouver d'autres emplois…

lundi 18 avril 2016

Un samedi noir brillant

C'était samedi 9 avril, à la librairie-café-polar Un Petit Noir, à Lyon***.

Ce jour-là, l'association Dora-Suarez-leblog décernait ses prix littéraires, dont voici le palmarès :

James Holin : Prix Espoir pour Sacré temps de chien (Ravet Anceau)
Philippe Setbon : Prix Spécial pour sa Trilogie de la vengeance (éditions du Caïman)
Maud Mayeras : Prix du Jury pour Reflex (AC Editions)
Víctor del Arból : Grand Prix Dora-Suarez pour Toutes les vagues de l'océan (Actes Sud)
Félicitations aux lauréat(e)s !

*** Un Petit Noir (57, montée de la Grande-Côte, Lyon) est la seule librairie de France où l'on peut déguster un café (noir) en parcourant les pages d'un roman (noir) ou en téléphonant sur un appareil cinquantenaire (noir), voire en tapant son tapuscrit sur une machine à écrire (noire). Le patron (toujours vêtu de noir), vous conseillera tant dans vos choix de boissons que de livres.

Ci-contre ou ci-dessus, selon votre navigateur (chacun se reconnaîtra) : Cathy, Gérard, Jacques et Jean-Luc.

dimanche 17 avril 2016

De l'importance de la ponctuation

Le dernier roman de John Grisham, L'Insoumis, met en scène un nouveau personnage, Sebastian Rudd, “avocat des causes perdues”. Il ressemble par bien des aspects à Mickey Haller, l'avocat récurrent de Michael Connelly, ne serait-ce que par l'emploi d'un véhicule comme bureau ambulant (un fourgon Ford, plus spacieux que la Lincoln Town de Haller).
Contrairement à Connelly, Grisham traite plusieurs affaires dans ce  roman (444 pages), organisant son livre à la façon d'une série télévisée : chaque affaire constitue un épisode, sans être toujours résolue immédiatement, tandis que la vie personnelle de Sebastian Rudd évolue en toile de fond. Dans le dernier tiers du livre, ce sont carrément trois affaires qui se vont se télescoper, avec un sens du scénario affûté et brillant.

La lecture de ce roman, agréable et ludique, a aussi été l'occasion de dénicher deux exemples montrant combien la ponctuation est importante pour le lecteur (surtout s'il lit un peu trop vite, comme c'est souvent le cas lorsque le suspense l'éperonne).

Un partenaire en tenue rose ?

Page 310, Sebastian Rudd vient d'apprendre que son fidèle Partner a été hospitalisé :
Dix minutes plus tard, j'entre aux urgences de l'hôpital et dis bonjour à Juke Sadler, l'un des avocats les plus sordides de la région. Juke rôde dans les salles de soin chassant le client.
Un peu plus bas, ledit Juke Sadler s'adresse à Rudd  :
– Ton gars est au bout du couloir, m'annonce-t-il en tenue rose, déguisé en retraité qui fait du bénévolat.
Si vous lisez vite, vous vous demanderez sûrement que fait Partner déguisé en tenue rose dans cet hôpital. Erreur, les amis ! Observez bien la phrase : aucune virgule ne sépare “m'annonce-t-il” et “en tenue rose”, ce qui signifie que c'est Juke Sadler, l'avocat “sordide”, qui est déguisé en retraité. Il en aurait été autrement si la ponctuation avait été la suivante, laissant supposer que Sadler continue de parler après l'incise “m'annonce-t-il” :
– Ton gars est au bout du couloir, m'annonce-t-il, en tenue rose, déguisé en retraité qui fait du bénévolat.
Cette subtilité de ponctuation tient également à la façon de typographier les dialogues. Deux méthodes se pratiquent en effet : de simples paragraphes précédés d'un tiret, comme ici, ou bien l'emploi de guillemets, qui permettent plus aisément de distinguer paroles et texte courant. Dans ce second parti typographique, la phrase aurait ressemblé à ceci, moins ambiguë :
« Ton gars est au bout du couloir », m'annonce-t-il en tenue rose, déguisé en retraité qui fait du bénévolat.
Il parle… ou il pense ?

Un autre exemple des ambiguïtés que peuvent causer les absences de guillemets de dialogues figure page 330. Précisons tout d'abord que le roman est rédigé à la première personne, et au présent de narration. C'est Sebastian Rudd qui s'exprime dans le roman. Répondant à un personnage, il dit ceci (nous intégrons les retraits de premières lignes de paragraphes) :
   – Je ne signe pas tant qu'ils ne sont pas mis dehors.
   Pourquoi attendre ? Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à se débarrasser de ces types. C'est ce que veut tout la ville.
Quel est le sens du retour à la ligne après “mis dehors” ? Nombre de lecteurs supposeront que Rudd déplore qu'il faille attendre, en tant que récitant. La suite nous apprend le contraire, car la réponse est :
– Et nous aussi, rétorque le maire.
Le maire a donc entendu “C'est ce que veut toute la ville”, et précise que “lui aussi” (et ses administrés).
L'imprécision vient ici du retour à la ligne, qui semble marquer une pause de Rudd. Il aurait été préférable de composer ainsi :
– Je ne signe pas tant qu'ils ne sont pas mis dehors. Pourquoi attendre ? Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à se débarrasser de ces types. C'est ce que veut tout la ville.
Ici également, des dialogues “à guillemets” auraient évité l'ambiguïté, soit, selon les deux hypothèses en lecture courante :
(1)  « Je ne signe pas tant qu'ils ne sont pas mis dehors. »
Pourquoi attendre ? Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à se débarrasser de ces types. C'est ce que veut tout la ville.
Dans ce premier cas, Rudd parle, puis insère une remarque, pensée ou analyse.
(2)  « Je ne signe pas tant qu'ils ne sont pas mis dehors. Pourquoi attendre-? Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à se débarrasser de ces types. C'est ce que veut tout la ville.
 – Et nous aussi », rétorque le maire.
Dans ce second cas, Rudd continue de parler, sans doute aucun.
Enfin, si le roman avait été écrit au passé, et non au présent de narration, les deux hypothèses auraient été aisées à distinguer, par exemple :
 – Je ne signe pas tant qu'ils ne sont pas mis dehors.
Pourquoi attendre ? Je ne voyais pas ce qu'il y avait de compliqué à se débarrasser de ces types. C'était ce que voulait tout la ville.
L'avocat a de saines lectures

Un clin d'œil pour terminer, montrant que Grisham n'hésite pas à rendre hommage à son homologue et concurrent (page 230) :
Je paie en liquide toutes mes chambres de motel, mange peu et tète du bourbon jusque tard dans la nuit avec pour compagnie le dernier James Lee Burke ou Michael Connelly.
Quelques joyeusetés orthographiques dans ce court paragraphe : motel (au singulier), ne porte pas de circonflexe, contrairement à “hôtel” (c'est un mot anglais). On “tète” du whisky, on ne le “tête” pas (comme on le voit assez souvent). Le “bourbon” n'a pas de majuscule, c'est un vin, comme “un bordeaux”, par exemple. Et “Michael” ne porte pas de tréma – un prénom américain, langue qui n'emploie pas ce signe…

Ces chipotages de compétition vous auront donné un aperçu des états d'âmes et tourments de l'éditeur-réviseur-correcteur (tourments qui auront peut-être causé des coquilles dans cet article de blog).

vendredi 15 avril 2016

Une bibliographie de Georges Moréas

Né à Boulogne-Billancourt, Georges Moréas a réalisé l'essentiel de sa carrière dans la police. Officier de police adjoint à la DST en 1965, il intègre l'École nationale supérieure de la police (ENSP) et devient commissaire. Il est tout d'abord affecté au groupe de répression du banditisme au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Versailles. Il crée ensuite la Brigade de recherche et d'intervention de Nice en 1978, puis la quitte pour diriger l'Office central pour la répression du banditisme de février 1982 jusqu'au 18 juillet 1983.
Il démissionne de la police en 1985, et se lance dans l'écriture. Dans les années 1990, il s'offre un voilier et navigue pendant quatre ans, renouant ainsi avec son tout premier métier : radio dans la marine marchande. À son retour, il se consacre à l'écriture de romans et de documents. Depuis novembre 2006, Georges Moréas tient le blog, POLICE Et cetera sur le site du Monde. Et depuis 2015, il est avocat au barreau de Paris.
Voir aussi sa notice sur Wikipédia.

Cette bibliographie de Georges Moréas a été compilée à partir des données de la BNF et des éléments complémentaires fournis aux éditions AO par l'auteur.


Un Flic de l'Intérieur
Nouvelle édition revue par l'auteur
2010, éditions AO - André Odemard, collection Récits
336 pages
ISBN 978-2-913897-20-5
Disponible sur le site des éditions AO. 19,90 € (14,90 € + frais de port 5 €)
Georges Moréas a dirigé plusieurs services de police judiciaire, dont l'Office central pour la répression du banditisme. Dans un style vif et direct, sans aucun temps mort, il nous relate au fil des pages ses expériences les plus marquantes. Un vrai polar… qui est aussi un polar vrai ! 
Un Flic de l'Intérieur
1985, Édition n°1
305 pages
ISBN 2-86391-151-1
L'édition originale de son premier livre.

Un Solo meurtrier
Édition n°1, 1986
279 pages
ISBN 2-86391-181-3
« Je n'étais pas là quand la bombe a explosé, faisant voler les vitrines en éclats, projetant les corps désarticulés sur la chaussée. […] Et j'ai vu. L'horreur. Qu'est-ce qui s'est passé dans ma tête à ce moment-là, je ne le saurai jamais. Pour les autres, j'étais encore le commissaire Solo, le fameux patron de l'Anti-gang. À l'intérieur, je ne pensais plus qu'à une chose : avoir les salauds qui avaient fait ça… »
Amour solo
Édition n°1, 1987
235 pages
ISBN 2-87645-003-8
Flicxation
Fleuve Noir, 1988
Collection DPJ 6, numéro 1
184 pages
ISBN 2-265-03813-X
Un Homme mystérieux
Fleuve Noir, 1988
Collection DPJ 6, numéro 2
187 pages
ISBN 2-265-03814-8
Un jour, sans prévenir ni ses amis ni même ses collègues, il a rendu sa carte et son calibre. Il a disparu. Quand le chef-inspecteur Morgain fait sa connaissance, il est devenu détective privé.
A la DPJ6, c'est la routine : une prise d'otage minable, une rafle dans le milieu des jeunes dealers et, soudain, le scandale éclate…
Morgain et son adjoint Campella sont pris à partie. Ils se défendent au coup par coup, empêtrés dans une guerre des polices désuète et le carcan d'une administration qui traîne les pieds.



Un Été de chien
Fleuve Noir, 1988
Collection DPJ 6, numéro 3
188 pages
ISBN 2-265-03881-4
Black Money
Fleuve Noir, 1988
Collection DPJ 6, numéro 4
188 pages
ISBN 2-265-04012-6
Boule de neige
Fleuve Noir, 1989
Collection DPJ 6, numéro 5
188 pages
ISBN 2-265-04073-8
Le Cercueil de verre
Fleuve Noir, 1989
Collection DPJ 6, numéro 6
187 pages
ISBN 2-265-04150-5
La Dernière Victime
Fleuve Noir, 1990
308 pages
ISBN 2-265-04272-2
Le corps d'un détective privé est découvert dans la glace. Pas de blessure apparente, aucun indice. De quoi est-il donc mort ? Le personnage menait des affaires… très privées. L'a-t-on tué pour cela, ou est-ce le policier retraité qu'on a éliminé ? La question suffit pour concerner la police des polices, et le contrôleur général Brando se met sur le coup.
Le Flic qui n'avait pas lu Proust
Fleuve Noir, 1996
Collection Crime, grand format
327 pages
ISBN 2-265-05717-7
"C'est fini, Monsieur le Directeur. Ne comptez plus sur moi pour jouer aux gendarmes et aux voleurs ! Ne comptez plus sur moi pour me faire tirer dessus par des voyous, sermonner par mes chefs, critiquer par les médias, censurer par les magistrats et engueuler par un quelconque abstractocrate en quête d'une érection qui ne vient pas. Non, ne comptez plus sur moi ! A partir d'aujourd'hui, je suis un homme libre !" Et il avait claqué sa carte de commissaire de police sur le bureau de son patron. Mais la police est une drôle de dame. Elle n'admet pas qu'on lui tourne le dos. Aussitôt, ses ennuis avaient commencé. Et tout semblait tourner autour de Coppa, ce truand, cet aventurier sympathique, pour lequel il s'était pris d'amitié - et surtout autour de son butin de guerre. Des milliards et des milliards, à ce qu'on racontait. Lorsqu'on se lance dans une chasse au trésor qui vous entraîne à des mille du traintrain et de la grisaille, on prend le risque de découvrir autre chose - un bien plus important que l'argent.


Écoutes et Espionnage
Avec la collaboration de Nicole Hibert
Coédition Stock & Édition n°1, 1990
209 pages
ISBN 2-86391-347-6


Crimes de sang froid
Avec la collaboration de Guillaume Daubigné
Éditions de l'Archipel, 2000
348 pages
ISBN 2-84187-233-5
"Une enquête de police commence la plupart du temps par la découverte d'un cadavre. Mais, à la différence du cinéma ou de la télévision qui nous ont habitués à ce genre de spectacle, ici, pas de fiction. Tout est vrai. Toutes les affaires criminelles présentées dans ce livre sont des affaires récentes. Pour les reconstituer, il a fallu plonger dans les archives, réétudier les dossiers, se fier aux déclarations des témoins, voire des assassins, et parfois, lorsqu'elles ont survécu au drame qui fut le leur, aux victimes. Voici 25 faits divers, sanglants ou tragiquement ordinaires. 25 histoires qui n'ont pas fait la une des journaux, mais qui montrent pourtant, de façon exemplaire, le mécanisme monstrueux du crime. Et permettent souvent, en se plaçant de son point de vue, de dévoiler la psychologie du meurtrier. Mais attention ! Toutes ces histoires ne finissent pas bien, loin de là. Certaines nécessitent même d'avoir le cœur bien accroché." G-M.

Dans les coulisses de la lutte antiterroriste
De la rue des Rosiers à l'état d'urgence
Éditions First, 2016
346 pages
ISBN 9782-2-754081-88-7
« En 2015, le juge Marc Trévidic lance des mandats d'arrêt internationaux contre quatre individus soupçonnés d'avoir participé à la fusillade de la rue des Rosiers. C'était le 9 août 1982. Bilan : 6 morts et 22 blessés. Par une curieuse ellipse temporelle, cette enquête rebondit au moment où quatre millions de personnes manifestent leur indignation et leur révolte après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. Pourtant, je me souviens...
En 1982, il n'y a pas eu de manifestation, même pas la moindre mobilisation policière : l'état-major de la PJ annonce un règlement de comptes dans le quartier du Marais. Et moi, en tant que chef de l'Office central pour la répression du banditisme (OCRB), je dresse l'oreille et... termine mon déjeuner. Je ne suis pas le seul, et il faudra du temps pour que les autorités réagissent. Nous n'étions pas prêts !
De la rue des Rosiers au Bataclan, à travers mes expériences ou celles de mes collègues, de mes amis, ce livre montre l'incroyable évolution des services d'enquêtes et de renseignement dans la lutte contre le terrorisme. Et comment, en l'espace d'une génération, cette menace a changé nos valeurs, jouant sur nos craintes et notre imagination, au point d'accepter de sacrifier notre vie privée et de renoncer à une partie de ces libertés que nous avons reçues comme un héritage. Cette histoire, je vais vous la raconter. »
G-M.