dimanche 1 octobre 2017

1000 Séverac !

Samedi 30 septembre 2017 se tenait la séance de dédicaces de Jacques Morize à l'occasion de la sortie de la cinquième enquête de “son” commissaire Séverac. “L'Inconnu de la Tête d'Or” se devait d'être présenté dans la Librairie du Parc (de la Tête d'Or), au numéro 94 du boulevard des Belges ! Nous remercions Pierre-le-libraire pour son accueil, ainsi que les nombreuses lectrices et les nombreux lecteurs qui sont venus se procurer ce nouveau polar, et la réédition du tout premier épisode, “Le Diable de Monchat” (primitivement publié aux éditions Les Grilles d'Or).

À chaque roman son arrondissement
Rappelons que la série adresse un clin d’œil aux Nouveaux Mystères de Paris de Léo Malet ! Tout comme son personnage, le commissaire Séverac, Jacques Morize a migré de Paris à Lyon, découvrant la Cité des Gaules au hasard de déambulations et de libations qui ont alimenté son imagination. Tel un commissaire Brunetti, en plus truculent et dynamique, voici Séverac confronté à une ville mystérieuse autant qu’à une famille décomposée...

Ce fut aussi – une coïncidence bienvenue – l'occasion de célébrer la vente du millième exemplaire des enquêtes du commissaire Séverac estampillé “Éditions AO”. À l'ouverture de la librairie, en effet, notre décompte était le suivant :
* Ces deux épisodes ont été réédités aux éditions AO dans des versions entièrement révisées par l'auteur et l'éditeur. L'Inconnu de la Tête d'Or et le Diable de Montchat sont sortis il y a quelques jours seulement.

Total ? 993 exemplaires ! Ce serait donc le septième exemplaire de la série vendu ce samedi qui allait devenir le n°1000…


Le hasard le destina à notre ami Gérard Coquet, par ailleurs auteur de polars lui aussi, y compris aux éditions AO avec sa nouvelle dans le recueil “Irresponsable ?” qui vient de paraître. Autre coïncidence, Gérard Coquet, entre autres compétences, est expert-comptable. La preuve qu'il est expert des décomptes, puisqu'il a été capable, sans préméditation aucune, de compter juste !


Merci et bravo à lui !


La température monte… jusqu'à 180 degrés (ou presque) dans la librairie du Parc !


Cécile, fidèle lectrice des éditions AO, fait le plein de dédicaces auprès de Jacques.


Dialogue avec un lecteur…


Vue depuis la vitrine… avec un livre sur Paul McCartney, d'ores et déjà réservé par l'auteur de ces lignes.

Le nouveau Connelly

Jusqu'à l'impensable, de Michael Connelly

Comme le rappelle la quatrième de couverture : “Michael Connelly a vendu plus de 60 millions de livres dans le monde”.  Je dois dire que j'ai contribué à ce chiffre impressionnant, à hauteur d'une vingtaine, avec enthousiasme le plus souvent. Mes romans préférés sont plutôt ceux mettant en scène l'avocat Mickey Haller, avec ces récits de procès à la dramaturgie éprouvée. Constatant qu'il était partie prenante de ce nouvel opus, je me suis laissé tenter par l'édition qui vient de sortir (Calmann-Lévy, 388 pages, 21,90 €).

Le véritable héros du livre sera cependant l'inoxydable Harry Bosch, demi-frère de Mickey Haller, que ce dernier a appelé à la rescousse pour l'aider à innocenter son client Da'Quan Foster, accusé de meurtre. L'ancien policier, désormais en retraite, doit surmonter ses réticences : il va en effet passer “de l'autre côté” en se mettant au service d'un avocat de la défense…

Michael Connelly a du métier. Il sait nous intéresser à la minutie des enquêtes de son Harry Bosch, mettre en place les conditions d'un suspense sinon haletant, du moins stimulant. Dommage que Haller soit relégué au second plan ! J'ai “marché”, comme d'habitude, avec un enthousiasme moindre toutefois.

Quand on a “vendu 60 millions d'exemplaires”, il doit être possible d'apporter du soin à ses romans, et de rémunérer suffisamment un traducteur pour que la lecture en français soit agréable. Difficile de savoir où cela “pèche”. Toujours est-il que des ambiguïtés facilement évitables parsèment ce texte, altérant le plaisir de lecture.

Premier exemple : on apprend page 31 que Haller est avocat dans “l'affaire Lexi Parks”. Bien. L'appellation viendrait-elle d'un jardin public, de la raison sociale d'une entreprise ? Non. Page 40, on comprend au détour d'une phrase que c'est une victime : “…le type qui a tué Lexi Parks”. D'accord. Il faut encore attendre une quinzaine de pages pour savoir que la victime est une femme, “directrice adjointe des services municipaux”. Ah, bien ! Lexi ? Quel drôle de prénom… Vingt pages plus loin, enfin !!, on nous explique que l'identité exacte de cette femme est Alexandra Abbott Parks. Eurêka ! Lexi est donc le diminutif d'Alexandra. Vous le saviez ? Eh bien, pas moi, désolé…

Second exemple  : même problème pour le client de Mickey Haller. Cet homme, suspecté d'assassinat, s'appelle Da'Quan Foster. Une fois encore, je ne suis pas un expert des États-Unis. À l'auteur de m'en dire plus. Il me faudra attendre la page 101, soit plus du quart du livre, pour apprendre qu'il s'agit d'un Noir – élément déterminant dans le contexte racial pour le moins troublé des USA !

Quelques petites maladresses plus drôles qu'autre chose, mais qu'on ne m'aurait sûrement pas pardonnées dans les livres que j'édite.

Ce fameux “livre du meurtre” que les policiers comme Bosch compilent pour récapituler l'intégralité d'une enquête. Je ne sais pas… le terme me dérange. Un “livre” me fait plutôt penser à un objet fini, d'un seul tenant, alors qu'il s'agit en pratique d'un dossier, qui s'enrichit sans cesse – y compris a posteriori dans les fameux cold cases. Est-ce que “dossier du meurtre”, voire “dossier de l'assassinat” n'aurait pas été une traduction plus pertinente ?

Harry Bosch ne se prénomme pas Harry – comme vous le savez probablement. Cette manie des nicknames américains a le don de m'horripiler, confer “Lexi” Parks ou “Mickey” Haller (rien à voir avec Disney). Harry Bosch, donc, se prénomme en réalité Hieronymus. Il est donc un homonyme du peintre hollandais du XVe siècle, précise Wikipédia.
Deux des “méchants” qui espionnent Bosch et Haller dialoguent ainsi page 166 :
« – On reste sur le peintre ?
C’était comme ça que Long appelait Bosch maintenant – à cause du peintre. Ce qui agaçait Ellis. »
Pourquoi donc Long appelle-t-il Bosch “le peintre” ? À cause du peintre…
Eh bien, voilà qui est clair !
Plus drôle, ce calembour involontaire, toujours dans le dialogue entre Ellis et Long (page 167) :
« – Tu veux que j’entre ? demanda Long.
– Non, reste tranquille. Ça ne sera pas long. »
Ha, ha, ha !

samedi 16 septembre 2017

Nos lectures estivales

Si j'édite des livres, c'est que j'aime la lecture. Une évidence qu'il n'est pas superflu de rappeler. Durant cet été 2017, j'ai eu de la chance dans mes choix de romans. Je vous commente ci-dessous quelques-uns des livres que j'ai eu la joie de lire cet été.
Jean-Luc Tafforeau - éditions AO

Rhapsodie française, Antoine Laurain

Antoine Laurain est “ma découverte de l'été”. J'avais lu Le Chapeau de Mitterrand, qui l'avait fait connaître en 2012. Idée amusante, bien traitée, quoique parfois trop systématique. Rhapsodie française est à mon avis supérieur. Le docteur Massoulier reçoit une lettre avec 33 ans de retard. La Poste vient de la retrouver en démontant un vieux meuble. Dans ce courrier, un producteur annonçait à un groupe rock qu'il était retenu pour une audition. Fasciné par ce retour soudain du passé, Massoulier part à la recherche de ses anciens amis musiciens.
C'est très bien construit, avec une chute maligne. L'humour apporte de la légèreté à ces évocations de destins humains : un entrepreneur du Net que l'on incite à s'engager en politique, un artiste-contemporain imbu de lui-même, un leader d'extrême-droite complètement mégalo. L'auteur prend un plaisir manifeste à pasticher Houellebecq ou Bellanger, avec souvent plus de pertinence – et surtout plus de drôlerie ! Il en reprend la conjugaison à l'imparfait qui déplace le point de vue sur notre présent dans un futur proche rétrospectif, typique des deux auteurs précités.

La Femme au carnet rouge, Antoine Laurain

De quoi avoir envie de lire d'autres romans de ce Laurain de talent. Avec cette Femme au carnet rouge, on passe à un registre plus délicat, plus simple et plus émouvant. La construction de l'intrigue est de nouveau réussie et subtile, alors qu'un homme, libraire de son métier,  a ramassé un sac dans la rue tente de retrouver sa propriétaire. Plaisir de lecture avec de la sensibilité sans sensiblerie.
Ma seule critique ? Le parti de ne pas identifier les dialogues, ni par des tirets ni par des guillemets. Certes, ça “coule” autrement, mais je dois dire que je préfère la typographie habituelle. Un détail, sans doute suggéré par mon métier d'éditeur !

Carrefour des nostalgies, Antoine Laurain

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? On retrouve dans ce roman les thèmes de Rhapsodie française, en plus grave. L'auteur adapte son style à chacun des sujets traités dans ses romans, une qualité à souligner. Il s'agit cette fois d'un homme politique qui part à la recherche de ses origines après un échec électoral cuisant. Sa quête, parsemée de jolies coïncidences, va remettre en question sa vie entière.
Au-delà d'un réel suspense, on apprécie la finesse psychologique de l'histoire qui évite les excès tout en allant assez loin dans l'analyse des émotions.



Fume et tue, Antoine Laurain

Aucune raison de s'arrêter en si bon chemin ! J'ai dû commander ce livre chez mon libraire, car il n'a pas été réédité en poche (les précédents sont tous disponibles chez J'AI LU, celui-ci l'est aux éditions Le Passage). Est-ce parce qu'il traite du tabagisme sur un mode bien peu politiquement correct ? En tant qu'éditeur, c'est “le” titre que j'aurais aimé trouver ! Il faut, je crois, être ou avoir été fumeur pour apprécier ce roman. La trame de l'histoire s'organise autour des efforts d'un homme pour arrêter de fumer, à l'époque où les lois interdisant de fumer dans les lieux publics viennent d'entrer en vigueur. Les conséquences inattendues d'une séance d'hypnose vont faire basculer Fabrice Valentine…
Ce serait une erreur de ne voir que le versant “polar” du roman. Car il est, avant tout, une chronique fine et intelligente des causes et des conséquences de l'addiction au tabac. C'est peut-être ce mélange des genres qui a coûté au roman sa réédition en poche. Quel dommage ! Tous les ministres de la Santé (et de l'Intérieur) devraient le méditer ! J'imagine d'ailleurs une couverture reprenant les photos et la charte graphique de nos “paquets neutres”, ce serait parfait…
Ce roman est, à mes yeux, le meilleur de tous. Cette capacité à combiner humour, intrigue policière, psychologie et introspection sans aucune faute de goût m'a impressionné.

O.N.G !, Iegor Gran

L'un de mes livres préférés de ces dernières années est L'Écologie en bas de chez moi, de Iegor Gran. Le ton virulent, toujours drôle, de l'auteur dans sa dénonciation des approximations, parallèles dangereux et tics de communication de certains milieux écologistes m'avaient ravi. L'auteur y ajoutait un usage malicieux et jubilatoire des notes de bas de pages qui mériterait à lui seul un prix !
C'est pourquoi je me suis procuré le roman qui l'avait rendu célèbre, O.N.G ! Avertissement : l'humour, ici, est dévastateur, cruel, radical et terrible. Les deux ONG qui se font la guerre dans cet immeuble de bureaux, aveuglés par leurs certitudes, basculent dans une violence grotesque, jusqu'au finale carrément sordide. En un sens, cette violence qu'on peut trouver surjouée ne ressemblerait-elle pas à la violence symbolique de la “com'” dans ses pires dérives, que l'on côtoie quotidiennement dans les médias ?
À noter une trouvaille de vocabulaire qui résume bien le ton du roman : les membres de La Foulée verte, association écolo, remplacent le mot “bien” par “bio”, genre : « Tu vas bio, ce matin ? »

Au pays du p'tit, Nicolas Fargues

Ce prof de sociologie, la quarantaine, se complait dans la critique systématique de son pays, y compris dans ce colloque organisé à Moscou. Ce qui l'intéresse beaucoup plus, c'est de faire de nouvelles conquêtes féminines, quitte à adopter un cynisme total en manipulant les jeunes femmes qu'il convoite sans aucun remords.
L'humour s'éloigne, même si l'on rit intérieurement des déconvenues de cet être veule et bien peu sympathique. L'étude de mœurs de Nicolas Fargues fait mouche. L'errance de Romain Ruyssen soutient l'attention, car on ne cesse de se demander : “Mais où va-t-il, ainsi ?” Les ultimes pages vous le révéleront… c'est pour le moins cruel.

Écrire à l'élastique, Nicolas Fargues et Igor Gran

Iegor Gran et Nicolas Fargues ont été découverts par les éditions POL (si je ne me trompe pas). Une maison d'édition que j'apprécie depuis qu'elle m'a permis de suivre René Belletto, un de mes auteurs-fétiches. L'éditeur a donc réuni ces deux écrivains dans un exercice de co-écriture que je trouve réussi. Il faut dire que le style et les thèmes de prédilection des deux romanciers se complètent à merveille (voir ce qui précède).
Ces pages d'“écriture à l'élastique” se dégustent avec plaisir, surtout en raison de la complicité de deux auteurs, manifeste du début à la fin. C'est écrit avec talent et inventivité, sans affectation, écueil fréquent dans ce genre d'exercice littéraire. Une récréation littéraire bienvenue !

La Grande Arche, Laurence Cossé

Qui ne connaît pas cette “arche” de la Défense, gigantesque bâtiment en forme de cube édifié pour tenter de donner un semblant de cohérence au vaste désordre urbanistique de la cité d'affaires ? Mais qui connaît l'histoire de l'architecte qui l'a conçue ? Laurence Cossé a reconstitué pour nous la saga triste de cette construction emblématique, au travers du destin de son architecte, Johan Otto von Spreckelsen. Le Danois avait remporté le concours lancé pour les grands travaux de François Mitterrand. Cet homme discret et méthodique s'est trouvé soudain propulsé dans le milieu politico-administratif français. Ses compétences techniques limitées – il n'avait construit qu'une maison et quatre églises – rendront très difficile la construction de l'édifice, tandis que l'alternance politique de 1986 mettra en péril son financement. Le défi technique sera finalement relevé. Malheureusement, le monument n'avait aucune fonction précise. Il finira en banal immeuble de bureaux, tandis que son concepteur donnera carrément sa démission en plein chantier – décision inédite dans l'histoire de l'architecture – puis trouvera la mort avant que son œuvre ne soit achevée.

Laurence Cossé relate ses recherches, ses enquêtes, les entretiens qu'elle a menés, et nous livre un puzzle dont on peine parfois à assembler les pièces. Ce choix se défend par sa qualité littéraire, même si j'ai eu l'impression qu'un récit plus concret et linéaire aurait encore mieux fait ressentir le drame sous-jacent à ce chantier pharaonique. Car ce n'est pas rien que de construire une “arche” dont chaque côté mesure plus de 100 mètres, au point que Notre-Dame de Paris pourrait tenir sous le “toit” du bâtiment.
Pour avoir travaillé dans le milieu de la Caisse des Dépôts dans les années quatre-vingts, j'ai retrouvé des noms et des procédures familiers, tout en admirant la constance des acteurs de cette épopée, que ce soit Robert Lion (CDC) ou l'architecte Paul Andreu, mandaté pour transformer l'esquisse en réalité, une mission presque impossible.
Le parti pris de ne pas reproduire la moindre photo ou le moindre croquis dans le livre s'explique par le souhait de l'auteure d'être suffisamment évocatrice dans son texte. Il n'en demeure pas moins qu'y apporter quelques exceptions aurait été justifié – à mon sens du moins.

Le Front russe, Jean-Claude Lalumière

L'administration française est capable du meilleur comme du pire. Quoi que l'on pense de l'Arche de la Défense, la volonté et la persévérance des hauts fonctionnaires qui ont travaillé à sa réalisation force le respect. Avec ce Front russe, nous entrons dans le monde surréaliste d'une administration coupée des réalités, vivotant dans d'improbables “bureaux” à l'utilité douteuse.
Jean-Claude Lalumière nous conte la montée à Paris du jeune homme fraîchement reçu à un concours pour entrer dans la fonction publique des Affaires étrangères. Une gaffe monumentale entraîne sa placardisation immédiate dans le surréaliste bureau des pays en voie de création / section Europe de l'Est et Sibérie. L'une de ses premières requêtes consiste à demander l'enlèvement du cadavre d'un pigeon venu s'écraser sur les vitres, ce qui donne lieu à un échange de courriels à mourir de rire. L'auteur écrit avec recherche autant qu'avec humour. J'ai été ravi de relire ce livre sept ans après, en Livre de Poche cette fois, une édition très bien mise en pages et typographiée. L'humour, donc, – toujours lui ! – est omniprésent, donnant tout son sel à ce “remake moderne des Illusions perdues” (selon Livres Hebdo) que je ne saurais trop vous recommander.

Profession du père, Sorj Chalandon

La quatrième de couverture pourrait laisser penser qu'il s'agit de l'évocation d'une enfance des années soixante bercée par la poésie d'un père fantasque, prompt à la rêvasserie. Pas du tout ! On assiste dans ce récit cru et abrupt à la description de l'enfermement d'une famille – le père, la mère et leur fils – sous l'autorité pervertie d'un père psychotique et despotique, qui prétend être tout à la fois footballeur, espion, conseiller de De Gaulle… qu'il projette de faire assassiner. Le pauvre petit garçon de douze ans ne sait plus démêler le vrai du faux, veut à tout prix faire confiance à ce père qui, en réalité, le persécute. C'est déchirant, cruel, avec une fin d'une ironie terrible.
Le pouvoir d'évocation du récit, aussi invraisemblable qu'il paraisse, se distingue par sa crudité et sa concision… Reste-t-il de l'humour aux tréfonds de cette description presque clinique d'une folie paternelle ? Oui, si l'on observe l'ampleur des fantasmes relatés ; non si l'on songe au désarroi de la mère et de son fils assistant impuissants au naufrage d'un père.

Les Initiés, Thomas Bronnec

L'auteur, journaliste, connaît à la perfection le milieu de Bercy, ces hauts fonctionnaires chargés de mettre en œuvre la politique de “leur” ministre des Finances. Dans cette histoire, située en 2012 avec des personnages fictifs, il nous décrit la mécanique implacable de ces “initiés”, dircab, directeur du Trésor et grands banquiers, auxquels une ministre, aussi volontaire soit-elle, aura du mal à s'opposer.
Cette lecture est instructive, surtout au moment où un nouveau président de la République, qui plus est issu de Bercy, vient de prendre ses fonctions !
Il s'agit bien d'un suspense, même si le mystère à élucider de deux suicides n'est pas l'essentiel. C'est la description du fonctionnement de ces intervenants de l'ombre qui vaut d'entreprendre cette lecture. Notre regret est que le style soit tellement “sans fioritures” qu'il en devienne parfois insipide et peu clair. Un indice : le nombre de “tables basses” que l'on rencontre dans ces chapitres est phénoménal, au point que l'on se demande si un fournisseur n'a pas été adjudicataire d'une commande groupée de l'auteur pour les bureaux de ses personnages !