jeudi 8 septembre 2016

Mon coup de cœur de la rentrée

« Les éditions AO ont retenu avec émotion et plaisir les “métaphorismes” de Renaud Weiss pour le nouveau volume de leur collection “RIMOTISES”, à paraître dans quelques semaines. Il  vous est proposé en précommande, donnant droit à des exemplaires numérotés. Ce “coup de pouce” nous sera précieux pour assurer le meilleur démarrage à ce beau projet éditorial, mon coup de cœur de la rentrée. » Jean-Luc Tafforeau, gérant

Ce mot est étonnant, ne serait-ce que parce qu’il contient à la fois le mot « mot » et le mot « rime ». Pas mal pour un seul mot ! Et il rime avec « surprises », ces associations que les mots suscitent, aussi riches qu’inattendues…

Précommandez le livre avant le 25 septembre et recevez votre exemplaire numéroté !
Livraison mi-octobre

ET POUR TOUT DIRE
les “métaphorismes” de Renaud Weiss

Renaud Weiss a composé une série de textes brefs – jusqu'à quelques dizaines de lignes – qui se distinguent par un sens aiguisé de la formule et des enchaînements. Il joue avec les mots, alternant gravité et légèreté, toujours avec humour – et une franchise désarmante. Ces “métaphorismes” lui permettent de "tout dire” (ou presque) sur la vie, la mort, le rêve, l'amour et… l'écriture.
Une expérience de lecture inédite !

Consultez la page du livre sur le site AO.

UN TRÈS BEL OBJET-LIVRE

• Exemplaires numérotés en première page
• Couverture à rabats
• Format étroit adapté aux “métaphorismes” (12 x 20,5 cm)
• Papier intérieur ivoire épais pour le confort de lecture
• Mise en pages sophistiquée
• 240 pages, dos carré collé
• Proposé au prix public TTC de 18 €
• Participation aux frais de port réduite : 1 €

Ci-contre : le “prototype” du livre, réalisé par l'imprimeur

Plusieurs modalités pour commander
• Téléchargez le bon de commande (règlement par chèque, encaissement après expédition)
• Payez par PayPal sur la page du livre (encaissement immédiat par construction)
• Adressez un simple mail à commande[at]ao-editions.com en indiquant vos nom et prénom, le nombre d'exemplaires souhaités et l'adresse postale de livraison. Vous recevrez le(s) livre(s) accompagné(s) d'une facture

Quelques exemples de “métaphorismes”
S’il m’arrive de peindre les choses en noir, 
je ne fais jamais sans blanc.
Cultiver l’absurde pour en tirer toujours 
un petit gain de folie !
Ce qu’il y a de beau dans l’écriture, 
c’est ce qui se passe entre les lignes 
(tout le reste n’est que mythes et ratures).
J’ai toujours préféré l’orage (eau des espoirs).
Les histoires d’humour finissent bien, 
en général.


Pour terminer, un aperçu de la “lecture intuitive” qui est proposée aux lectrices et lecteurs sur les pages paires (à gauche) du livre, tandis que les pages impaires vous offrent une lecture directe…






dimanche 21 août 2016

Dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte

Nous ne saurions trop vous conseiller la séquence de 4 minutes passée au 20-Heures de TF1 samedi 20 août, “Premier de cordée, dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte”. Elle est visible en “replay” à cette adresse. C'est une réalisation de Yoan Hentgen, qui a également filmé les séquences en haute altitude.

Pourquoi ? Avant tout parce qu'elle vous fera partager l'émotion que tous les alpinistes éprouvent au moment de fouler le sommet de l'aiguille Verte. À 4121 mètres d'altitude, ce belvédère à la cime effilée offre un panorama unique sur le massif du Mont-Blanc et sa Vallée. Émotion après des heures d'effort dans l'un des itinéraires d'accès à ce sommet mythique – couloirs Whymper ou Couturier entre autres, émotion pour le “premier de cordée”, le guide, et son client, émerveillé de se tenir là, un véritable rêve devenu réalité ; émotion face à la beauté rare et inédite d'une montagne-monument.

Pour avoir connu cette expérience un 22 juillet, il y a près de trente années, je dois dire que j'ai versé quelques larmes en visionnant ces images – un grand merci au passage à Gilbert Pareau qui fut mon “premier de cordée” ce jour-là. Il n'est pas exagéré d'affirmer que ce fut mon plus beau sommet, bien plus beau que le mont Blanc, n'en déplaise au fier toit de l'Europe !


Depuis son jardin des Frasserands – d'où la Verte nous regarde – Jean-Claude Charlet nous lit quelques lignes du roman de Roger Frison-Roche, qui a marqué des générations d'alpinistes et d'amoureux de la montagne, suscitant de nombreuses vocations.


La cordée émerge d'un immense toboggan de plus de mille mètres : le couloir Couturier.
« Ici, chaque geste garde sa valeur, chaque mouvement compte… » (Frison-Roche)


Le guide, Zian Charlet, et son client, se dirigent vers le sommet.
“Moi, je suis toujours corde tendue. J'y mets un point d'honneur. Si mon client fait une zipette, j'suis quasi sûr à 100% de le tenir. Ça m'est déjà arrivé qu'il y ait un mauvais pas et j'ai bien tenu.”


Les derniers mètres sur la crête sommitale. Au centre, à l'horizon : le mont Blanc.


Montée vers le soleil, sur une neige vierge dans laquelle la cordée va imprimer ses traces.


Comme le dit avec beaucoup de justesse Zian : “Au sommet de la Verte, on devient montagnard ; mais avec un client, on devient amis, de grands amis.”


Dans la famille Charlet, nous précise le journaliste, la Verte est une histoire de filiation depuis trois générations. De père en fils, il faut conquérir l'aiguille Verte. Zian en témoigne : “Ah, la première fois, j'ai bien caché mes larmes… J'ai eu une boule au ventre pendant un quart d'heure, ici !” Jean-Claude Charlet évoque les “silences éloquents” de son père Armand : “Simplement tout dans le regard, et vous voyez que votre père est fier de vous, et cela suffit. Ça vaut tous les cadeaux du monde.” Des moments uniques, qu'il nous a relatés dans le dernier chapitre de son livre De Fils en Aiguilles.


La conclusion, sous le regard de la Verte : “C'est une philosophie qui amène à essayer de vivre ses rêves. C'est simplement ça, et, finalement, la vie, c'est quoi ? C'est cela : vivre ses rêves.”

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Vous pouvez télécharger à ce lien les discours prononcés par Jean-Claude Charlet à la fête des Guides de la Compagnie des Guides de Chamonix, dont il est le président.

vendredi 8 juillet 2016

Rencontres interprofessionnelles du livre (Arald)

Hier, 7 juillet 2016, se tenaient à Lyon les rencontres interprofessionnelles du livre, organisées à la Villa Gillet par l'ARALD (Agence Rhône-Alpes du Livre et de la Documentation). Près de 200 “acteurs du livre et de la lecture” étaient rassemblés, représentant la quasi-totalité de la “chaîne” du livre : auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et documentalistes, lecteurs enfin. Ainsi que l'a remarqué un participant en fin de rencontre, il ne manquait que les imprimeurs.


Les éditions AO faisaient partie de la trentaine d'éditeurs de la région qui présentaient leur catalogue sur des mini-stands mis à leur disposition dans l'un des salons de la Villa. Ce fut l'occasion de dialogues impromptus avec des auteurs, des bibliothécaires, ou mes jeunes voisins, animateurs d'une maison d'édition consacrée à la musicologie, Microsillon éditions, tandis que j'ai eu l'occasion et le plaisir de rencontrer Catherine Destivelle, alpiniste renommée et depuis peu éditrice (éditions du Mont-Blanc).

Au cours des sessions tenues durant cette copieuse journée, j'ai glané quelques informations que je vous livre en relisant mes notes – sujettes à “erreurs ou omissions”, vous me le pardonnerez par avance.

Vous pouvez aussi lire le compte rendu de Story-Makers.net à cette adresse, ainsi que celui d'ActuSF à celle-ci.

Le baromètre régional de l'économie du livre en région, publié régulièrement par l'agence (Narges Temimi), nous indique une bonne cinquantaine de maisons d'édition, réalisant un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros, dont 30 pour le seul groupe Glénat. Aux deux-tiers généralistes, elles sont 40% à avoir une activité complémentaire. Près de 65% délèguent leur diffusion à une entreprise tierce. Leurs livres sont distribués à 44% en librairie (deux fois plus que la moyenne nationale). Ces dernières (une centaine étudiées) réalisent un chiffre d'affaires de près de 150 millions d'euros (dont 34 pour le groupe Decitre).

Une série d'enquêtes sur les auteurs a été résumée par Philippe Camand. Il en ressort, si j'ai bien compris, que l'on peut considérer que 1600 auteurs “vivent de leur plume” en France, à rapprocher des quelque 100000 auteurs ayant touché des droits, aussi minimes soient-ils. Ces 1600 happy few  gagneraient un peu plus de 3 SMIC par an (sans qu'on sache si c'est le cas tous les ans). J'ai noté que les à-valoir moyens étaient évalués à 1000 € pour les auteurs de textes, à 2000 € pour les traducteurs, et à 4500 € pour les dessinateurs de BD.

Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, a étudié les activités “connexes” des auteurs, dans lesquelles on retrouve les séances de dédicaces pour 95% d'entre eux (ce n'est pas un scoop !), les salons du livre, lectures publiques et animations d'ateliers de lecture. Seuls 5% ont des activités connexes rémunératrices, comme l'écriture de scénarios. Nous rappelant qu'en chinois, la France signifie “pays de la loi”, il regrettait cependant que celles-ci ne soient pas toujours respectées à l'égard des auteurs. Je n'ai pu m'empêcher de souffler à ma voisine bibliothécaire que j'avais versé, en 6 ans et pour 7000 livres vendus, plus de 10000 € de droits d'auteurs. C'est beaucoup… et peu à la fois.

Quelques tâtonnements dans Google Traduction sur le nom de la France en chinois

Mais, quand on observe l'équation économique du livre, force est de constater que toutes les filières sont extrêmement contraintes, à commencer par les libraires. Le désir d'être publié est si fort, de surcroît, que les auteurs sont à l'évidence en position de faiblesse face aux éditeurs. À mon sens, seule une augmentation spéciale du prix du livre de 5% permettrait de mieux rémunérer les auteurs (à condition de leur être affectée directement). Il faudrait alors voir quelles seraient les réactions des lecteurs-acheteurs (et des bibliothèques) si tout livre coûtait soudain de 0,50 à 2 € de plus…

L'après-midi a été spécialement tonique, avec la présentation, en seulement une heure, des “pecha-kucha” d'une douzaine de projets innovants, parmi lesquels figuraient :
  • Une maison d'édition auvergnate (éditions du Miroir) qui renverse délibérément les rôles en allant non pas “à la rencontre des attentes des lecteurs” mais en cherchant à en créer de nouvelles, en “interrogeant les évidences” – vaste programme !
  • Un logiciel en ligne pour le calcul des droits d'auteurs (droits.info), qui m'a fait penser à ma profession de conseil en informatique (et à mon outil “maison” de calcul, indispensable pour ne pas devenir un traumatisé de la calculette).
  • Une plateforme numérique multimédia, 1D Touch, aux concepts aussi innovants que difficiles à comprendre “hors ligne”, comme les “capsules créatives”, une image qui donne envie de s'envoler dans la stratosphère !
  • Et, en vrac (excusez) un “libraire volant” d'Auvergne, une action en faveur des “oubliés des vacances” (livres jeunesse en cadeaux), un éditeur de paroles de conteurs (Oui'Dire) ou des actions de fédérations d'initiatives.

La table ronde finale, intitulée avec malice “Génération X, Y… Z comme Zéro lecture” a permis de remettre en cause toutes sortes d'idées reçues et de clichés sur la lecture des jeunes – au sens large :
Au regard de la lecture (sur écran ou papier), la notion de digital natives n'a aucune pertinence, bien au contraire (Olivier Zerbib), n'oublions pas qu'un livre “de 527 grammes” est très lourd à manipuler pour des adolescents peu accoutumés à l'objet-livre (sic, Cécile Mansour, prof de lettres en lycée professionnel), et que la lecture de mangas peut très bien déboucher sur d'autres lectures, voire apporter passion et réflexion au-delà de ce qu'on imagine (Christine Détrez, sociologue). Enfin, Pauline Torbaty-Crassard, animatrice d'un réseau social de lecture, nous a révélé que, parmi ses membres, 11% lisent… plus de 10 livres par mois, elle-même ayant lu 600 livres par an de la sixième à la troisième ! Expérience commune : l'arrivée des lectures obligatoires et “sérieuses” du lycée, couplée aux contraintes de la vie sociale des lycéens, entraîne une baisse notable de la lecture de livres. Globalement, il ne semble aucunement que les jeunes lisent moins que par le passé. Tout au plus n'hésitent-ils pas à le dire, tandis que la part des lecteurs remonte régulièrement entre 25 et 35 ans. À noter que les garçons sont nettement moins attirés par la lecture, considérant cette activité peu “virile” quand ils ont 15-18 ans (ah la la…), même si un jeune “youtubeur” partageant ses coups de cœurs de lecture en vidéo nous a paru très “viril” dans son approche directe et frontale du livre !

Une journée “remue-méninges” cordiale et à la tonalité plutôt joyeuse, en dépit de toutes les difficultés qui planent tant sur le secteur du livre que sur l'Arald elle-même, qui ne perd pas pour autant son enthousiasme.




jeudi 9 juin 2016

Belletto : le roman revenant

Avant de devenir éditeur, il m'arrivait rarement de relire un livre (au sens “le lire de nouveau”). Toute règle a ses exceptions. Parmi celles-ci, les romans de René Belletto. D'ailleurs, je viens de recommencer ces jours-ci la lecture du Revenant, dans sa version révisée de 2006 (éditions P.O.L), la version originale datant de 1981 – il s'agissait du tout premier “polar” de l'auteur. Je l'avais découvert pour ma part après avoir vu le film de Michel Deville, Péril en la demeure, tiré d'un autre roman de Belletto, Sur la Terre comme au Ciel. Nous étions en 1988, je crois.

Dans ce Revenant – qui revient donc à intervalles réguliers dans ma liste de lectures – figure tout ce que j'aime : émotion, authenticité, humour. Trois maîtres mots, que j'essaye de respecter dans la ligne éditoriale des éditions AO. Et il y a la toile de fond lyonnaise, voire villeurbannaise, dont l'auteur est issu. À chaque relecture, je découvre de nouvelles références, ayant entretemps pris connaissance de leur existence dans le “monde réel”.

Parmi celles-ci, je tenais à citer ici l'allusion à la librairie Fantasio, avenue Henri-Barbusse à Villeurbanne, fidèle partenaire dans la promotion des livres que les éditions AO ont publiés. Je savais que René Belletto l'avait évoquée dans un de ses livres, ignorant lequel et où. J'ai la réponse : dans mon roman préféré, Le Revenant (page 102 de l'édition de 2006) :
« Éric voulut faire quelques pas avenue Henri-Barbusse, la grande rue des Gratte-Ciel, dont chaque centimètre carré m'était familier. J'entrai à la Maison de la Presse et achetai machinalement Guitare et Musique. M. Hizer vaquait toujours dans la salle du fond, rangeant les livres de poche, toujours squelettique et flottant dans sa blouse grise et, comme Miguel, toujours enrhumé, mais lui pour de vrai*. »
Depuis ce “monsieur Hizer”, deux générations de libraires se sont succédé avenue Henri-Barbusse, une rapide recherche sur ce blog vous fournissant de plus amples informations. Il me reste à mener une enquête complémentaire pour établir si “Hizer” est un nom réel ou pas…

Addendum du 18 juin 2016
 Ce “revenant” me hanterait-il ? Dois-je voir un signe du dieu des livres (“délivrez-moi des livres”) lorsque j'inventoriai, cet après-midi, le rayon littérature de l'Emmaüs de Villeurbanne, ville où vécut Belletto ? À la lettre B, un dos de livre large, portant en grosses lettres “Le Revenant - Belletto”, éditions Hachette. Je le sortis de son logement, curieux de voir de quoi il s'agissait. La couverture, un dessin d'Enki Bilal m'étais connue, pour avoir été réutilisée en édition de poche. Était-ce une adaptation en BD ? Pas du tout, mon gars, tu n'y étais pas. Rien que l'édition originale du roman, imprimée en 1981, année de sortie du livre. Le cœur battant, il ne me restait plus qu'à passer à la caisse, tenant précieusement le volume en mains, au cas où il lui prendrait l'envie de s'envoler, comme un pigeon facétieux.

———
* (Note de bas de page web) Le personnage de Miguel, le garagiste, ne cesse en effet d'éternuer “ni atchoum ! ou atchi ! mais un formidable arrrrr… rachon ! émis avec tant d'autorité hargneuse que ceux qui n'avaient pas l'habitude se mettaient aussitôt à fureter à droite et à gauche, mains tendues, cherchant quoi arracher.” (page 49).

mercredi 8 juin 2016

L'Euro, c'est capital(e) !

La majuscule, c'est capital ! C'était le titre d'un ouvrage de Jean-Pierre Colignon, longtemps chef des correcteurs du quotidien Le Monde, paru en 2005 chez Albin-Michel. Un petit “traité” qui s'est vite révélé indispensable à la révision des textes publiés par notre maison d'édition.
Le Monde vient de nouveau de faire la démonstration de la pertinence de la formule de son ancien correcteur, en titrant ainsi dans son édition datée du 8 juin 2016 :
« SNCF : un accord pour sauver l'Euro »


Souvent, nous avons remarqué l'hésitation de scripteurs au regard des monnaies. Doivent-elles comporter une majuscule ? La réponse est négative. Ce titre le confirme. La SNCF n'a en effet rien à voir avec la politique monétaire européenne. L'Euro que l'on cherche à sauver n'est pas la “monnaie unique”, il n'est autre que le championnat de football, ne confondons pas !

mardi 7 juin 2016

Face à face

C'est un courriel de la Librairie des Alpes (6, rue de Seine à Paris), qui nous a appris l'existence d'un livre de photographies signé de Maurice Schobinger et Pierre Abramowski, intitulé Face à face.
Les auteurs nous présentent les grandes parois des Alpes au travers d'un prisme quasi architectural, comme si les montagnes étaient des édifices, des constructions. C'est l'une des émotions esthétiques que nous ressentons en les admirant. Ces "faces" ont été construites par les hasards de la nature… elles n'en paraissent pas moins étonnantes d'équilibre et d'élégance.


L'éclairage choisi par le photographe surprend : lumière voilée, presque en noir et blanc, au point de faire ressembler les clichés à des gravures. Une façon inédite de mettre en valeur les “faces”, en se concentrant sur leur structure. Audacieux et réussi !

Nous avons aussi apprécié ce clin d'œil à la Tour Eiffel. De quoi s'agit-il ?
Le photographe a rapproché la hauteur de la Tour, édifice humain, 300 mètres, de celles des parois photographiées, qui en mesurent jusqu'au quadruple. On songe à la face nord des Grandes Jorasses ou à celle de l'aiguille du Midi. Plus modestement, celle de la Tour Ronde (la montagne, pas le bâtiment) mesure seulement une “longueur” de plus que celle d'Eiffel (350 mètres). C'est déjà beaucoup !


Cet étalon de mesure très parisien nous a rappelé l'enfance, quand un père expliquait à son fils que “quatre Tour Eiffel tiendraient l'une au-dessus de l'autre devant l'aiguille du Midi”. Pour avoir gravi (par l'escalier jusqu'au deuxième étage, puis en ascenseur) ladite Tour, l'enfant prenait tout de suite la mesure de ces magnifiques montagnes… en attendant d'aller les gravir un jour (pas toujours en téléphérique, confer la voie Mallory par exemple !)

Toutes nos félicitations aux auteurs de ce “Face à face” !

vendredi 3 juin 2016

La Loi du plus faible, de John Grisham

La Loi du plus faible, de John Grisham, date de 1998 (The Street Lawyer). Le roman a donc plus de vingt ans ; il n'en reste pas moins d'actualité. Une fois de plus, le célèbre romancier nous plonge dans le monde des avocats américains. La profession, de ce côté de l'Atlantique, diffère largement de la conception que nous pouvons en avoir en France. Extrêmement nombreux, les avocats des États-Unis sont pour la plupart des hommes d'affaires, quitte à ne jamais plaider. Les quelque 800 “lawyers” du cabinet Drake & Sweeney travaillent 80 heures par semaine, espérant un jour devenir “associés” et gagner plus d'un million de dollars par an.

La Loi du plus faible débute par une scène spectaculaire de prise d'otages. Un SDF noir parvient à enfermer une douzaine d'avocats du cabinet dans une salle de réunion, et à leur faire prendre conscience de ce qu'il a subi, jeté à la rue suite à une expulsion musclée organisée frauduleusement par l'un des avocats de Drake & Sweeney. Parmi les otages, Michael Brock ignore tout de ces malversations. Échappant de peu au tir d'un sniper de la police qui abat le preneur d'otages, il va soudain prendre conscience de l'absence de sens de sa carrière… et devenir un “avocat des pauvres”.

Grisham nous emmène alors dans un suspense bien mené, Me Brock tentant de rendre justice aux déshérités expulsés illégalement, engageant un bras de fer risqué avec son ancien employeur, tout en intervenant pour restaurer les droits de ceux qu'il a désormais vocation à aider. C'est documenté, précis, conduit avec un sens du scénario devenu la marque de fabrique de l'auteur. Au passage, nous apprenons moult choses sur la société américaine, y compris… les prix, salaires, tarifs, tant les Américains s'attachent toujours à chiffrer ce qu'ils évoquent. Exemple : un avocat comme Michael Brock facture son temps 300 dollars de l'heure (il y a près de vingt ans !), y compris pour un déjeuner avec un collègue pour discuter du dossier d'un client (deux intervenants plus… le prix du repas).

Le coin du réviseur de texte
Comme souvent, nous ajoutons nos notes de “lecteur-relecteur”. La perfection n'est pas de ce monde, la formule est connue. Découvrir de rarissimes “coquilles” dans ce livre nous rassure, en quelque sorte, sur notre imperfection, et nous fournit quelques pistes de vigilances futures.
Les numéros de pages se réfèrent à l'édition 2001 (réimpression 2014) en collection Pocket, numéro 11157.
Se méfier des noms propres
On croit toujours que les noms propres – personnages, lieux – n'ont pas besoin d'être vérifiés. Erreur ! Au contraire, nous sommes tellement habitués à les lire qu'on peut oublier des lettres parasites. Page 55, la ville de Washington est orthographiée “Washinghton”. Pas si facile à repérer…
Apostrophes et guillemets
Page 115, une double apostrophe s'est intercalée dans “j''ai rouvert la mystérieuse chemise”. Encore plus ardu à repérer. Ce genre d'incident est plus courant qu'on ne pense…
Qui était Madeleine ?
Page 230, il ne s'agit pas d'une coquille, mais au contraire d'un truc à retenir. Vous connaissez peut-être l'expression “pleurer comme une madeleine”. Attention ! Il ne s'agit pas d'une madeleine de Proust (le gâteau, qui ne pleure pas), mais bien d'une femme, Madeleine, avec une majuscule, en référence à Marie-Madeleine pleurant au pied du Christ en croix.
Les cabinets d'affaires ont des ailes
Page 334, une erreur étonnante : “dans le monde implacable des gros cabinets d'allaires”. Nul doute qu'un correcteur orthographique l'aurait identifiée. Une allusion prémonitoire et cachée au personnage de Connelly, l'avocat Michael Haller ?